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Les groupes de défauts de soudure de l’ISO 6520-1 : causes et remèdes

La NF EN ISO 6520-1 classe les défauts de soudure en six groupes et attribue à chacun un numéro. Connaître le groupe compte plus que retenir les numéros : le groupe dit ce qui s’est mal passé, et donc ce qu’il faut changer.

Coupe d’une soudure bout à bout avec six défauts typiques repérés
Six défauts typiques sur la coupe d’une soudure bout à bout

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Trouver le défaut d’après ce que l’on voit

On peut lire le catalogue par numéro, mais devant la soudure on part en général d’un symptôme. Voici les symptômes les plus courants, le numéro probable de la NF EN ISO 6520-1 et la page où le défaut est traité en détail — causes, limites et réparation.

Ce que vous voyezNuméroOù lire
Trous sur la passe de finition, ou points sur une radiographie2011–2017Porosités dans les soudures
Une rainure le long du raccordement, dans le métal de base5011, 5012Caniveau
Un trait au centre du cordon ou une étoile dans le cratère, juste après le soudage1011, 104Fissuration à chaud
Une fissure sous le raccordement, des heures après le soudage1013Fissuration à froid
Bords non fondus ou jour visible par l’envers402Manque de pénétration
Une ligne sombre le long du chanfrein sur le film ; l’éprouvette de pliage s’ouvre sur le flanc4011, 4012Manque de fusion
Surface trop haute, une bosse au-dessus de la tôle502, 503Calculateur d’acceptation
Racine qui dépasse trop à l’envers504Calculateur d’acceptation
Bords de tôle à des hauteurs différentes507Calculateur d’acceptation
Un numéro du rapport que vous ne reconnaissez pas100–618Tableau des numéros de l’ISO 6520-1

Un symptôme n’est qu’une hypothèse. La même ligne sombre sur le film peut être du laitier (301) ou un manque de fusion entre passes (4012), et seule une seconde méthode de contrôle ou une macrographie tranche — c’est pourquoi on nomme d’abord le défaut, puis on le mesure et on le juge.

Les six groupes

100 — Fissures. Le groupe le plus grave. Une fissure est une discontinuité à fond aigu, et un fond aigu concentre les contraintes : les fissures progressent. Rédhibitoires à tous les niveaux de qualité. Voir les fissures dans les soudures.

200 — Cavités. Soufflures, piqûres vermiculaires, retassures et retassures de cratère. Les soufflures sphériques sont le défaut le plus bénin du catalogue, car la forme ronde concentre peu les contraintes ; elles n’en signalent pas moins une défaillance de la protection. Voir porosités.

300 — Inclusions solides. Laitier, flux, oxyde et tungstène piégés dans la soudure. Les inclusions de laitier viennent d’un profil de cordon qui laisse le laitier passer devant le bain, ou d’un nettoyage insuffisant entre passes. Les inclusions de tungstène viennent d’une électrode plongée dans le bain en TIG.

400 — Manque de fusion et de pénétration. Du métal qui n’a jamais été fondu avec l’autre, ou une racine qui n’a jamais été atteinte. Le manque de fusion est rédhibitoire à tous les niveaux, le manque de pénétration partout sauf sous forme de défauts courts au niveau D ; tous deux sont souvent invisibles en surface. Voir manque de fusion et de pénétration.

500 — Défauts de forme et de dimension. Caniveau, surépaisseur, angle de raccordement incorrect, débordement, désalignement, affaissement, perçage, chanfrein insuffisamment rempli. L’essentiel de ce que le contrôle visuel trouve réellement se situe ici. Voir caniveau.

600 — Divers. Coups d’arc, projections, traces de meulage, couleurs de revenu. Mineurs sur le papier, mais un coup d’arc hors du joint est un point dur dans le métal de base et, sur certains marchés, il se répare.

N°GroupeCe qu’il couvre
1001 — FissuresFissure longitudinale, Fissure transversale, Fissure de cratère, Fissure ramifiée
2002 — Cavités et porositésSoufflure, Soufflure isolée, Porosité en nid (localisée), Retassure de cratère
3003 — Inclusions solidesInclusion de laitier, Inclusion d’oxyde, Inclusion métallique
4004 — Manque de fusion et de pénétrationManque de fusion, Manque de fusion sur le flanc, Pénétration incomplète (manque de pénétration à la racine)
5005 — Défauts de forme et de dimensionsCaniveau continu, Surépaisseur (soudure bout à bout), Débordement, Désalignement linéaire, Perçage
6006 — Défauts diversCoup d’arc, Projections, Coloration de revenu (film d’oxyde visible)
N°DéfautCauseQue changer
201SoufflureHumidité, saleté, protection gazeuse perdue, arc longSéchez les électrodes, nettoyez les bords, vérifiez le gaz et les courants d’air
2024Retassure de cratèreL’arc coupé brusquement en fin de passeRemplissez le cratère par un retour en arrière, activez la décroissance du courant
301Inclusion de laitierLa passe précédente mal nettoyée, l’arc qui devance le laitierNettoyez chaque passe, gardez l’arc devant le bain
304Inclusion métalliqueL’électrode a touché le bain ou le métal d’apport en TIG, ou le courant dépasse la plage du diamètre de tungstèneRéaffûtez le tungstène, gardez la distance, amorcez en HF ou en lift-arc plutôt qu’en grattant, restez dans la plage de courant du diamètre
401Manque de fusionCourant trop faible, avance trop rapide, mauvais angleAugmentez le courant, ralentissez, changez l’angle de l’électrode
402Pénétration incomplète (manque de pénétration à la racine)Jeu trop faible, méplat trop grand, électrode trop grosseOuvrez le jeu, réduisez le méplat, prenez une électrode plus fine
5011Caniveau continuCourant trop élevé, avance trop rapide, arc longBaissez le courant, marquez un arrêt en bord de cordon, raccourcissez l’arc
502Surépaisseur (soudure bout à bout)Avance trop lente, trop de métal d’apportAccélérez, réduisez la vitesse de fil
506DébordementMétal déposé sur un bord froid sans s’y fondreAugmentez le courant, changez l’angle, réduisez l’apport
507Désalignement linéaireErreur de mise en place, pointages trop faiblesRemettez en place, pointez plus souvent, utilisez un gabarit
510PerçageCourant trop élevé pour une tôle mince, jeu trop largeBaissez-le, soudez par cordons discontinus, ajoutez un support à l’envers
100Fissures à froidHydrogène + structure durcie + bridagePréchauffage, électrodes à faible teneur en hydrogène, étuvage, séquence de soudage
100Fissures à chaudSoufre et phosphore, forme de cordon rigide, bridage en tractionChangez la forme du cordon, réduisez l’énergie de soudage, changez le métal d’apport
602ProjectionsTension faible, CO₂ pur, longueur de fil sorti excessiveAugmentez la tension, passez à un mélange, raccourcissez le fil sorti
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Comment chaque groupe se détecte

Les deux dernières lignes du tableau ci-dessous expliquent un malentendu fréquent. La radiographie et les ultrasons ne sont pas interchangeables : la RT est bonne pour les défauts volumiques et médiocre pour les défauts plans, les UT l’inverse. Un mode opératoire qui impose les UT pour un assemblage sujet au manque de fusion ne cherche pas à compliquer les choses.

MéthodeCe qu’elle détecteCe qu’elle ne voit pas
Contrôle visuel (VT)Défauts de forme, fissures en surface, caniveaux, projectionsTout ce qui est interne
Ressuage (PT)Fissures et soufflures débouchant en surfaceTout ce qui est sous la surface
Magnétoscopie (MT)Fissures en surface et sous-jacentes dans l’acier ferritiqueInox austénitique, aluminium
Ultrasons (UT)Défauts plans : fissures, manque de fusionFines porosités dispersées
Radiographie (RT)Défauts volumiques : soufflures, laitier, manque de pénétration — avec le film comme preuveFissures serrées parallèles au faisceau, manque de fusion plan

Du défaut à la décision

Trouver un défaut ne veut pas dire rejeter la soudure. Le plan donne un niveau de qualité — B, C ou D — et l’ISO 5817 donne la limite pour ce niveau et cette épaisseur. Le calculateur des limites d’acceptation fait cette recherche pour les défauts les plus fréquents au contrôle visuel.

NiveauDésignationDomaine d’application
BSévèreStructures porteuses critiques, appareils à pression, EXC3–EXC4 selon l’EN 1090-2
CIntermédiaireL’essentiel de la construction mécanique et de la charpente métallique, EXC2
DModéréPièces non chargées et secondaires, garde-corps, châssis

Dans quel ordre contrôler une soudure

  1. Avant le soudage. Le jeu à la racine, l’angle du chanfrein et le désalignement (507) se mesurent sur l’assemblage pointé — après soudage, le désalignement ne peut plus se corriger qu’en découpant. La propreté du joint, première source de porosités, se contrôle aussi à ce stade.
  2. Pendant le soudage. La racine est inspectée avant que la passe suivante ne la recouvre, et le laitier est enlevé entre les passes — la protection la moins chère contre les inclusions et le manque de fusion entre passes.
  3. Après le soudage — contrôle visuel. L’ISO 17637 demande au moins 350 lx, l’œil à moins de 600 mm et un angle de vision d’au moins 30°, sur une surface débarrassée du laitier. L’essentiel du groupe 500 se trouve ici.
  4. Contrôle volumique et de surface — RT, UT, PT, MT — selon ce qu’exige le plan de contrôle. Sur les aciers sujets à la fissuration à froid, pas tout de suite : une fissure peut apparaître un jour plus tard.
  5. Enregistrement. Numéro, taille, position et verdict par rapport au niveau — le plus rapide avec le générateur de rapport de contrôle visuel.

Quels défauts sont les plus dangereux

Le classement vient de la forme, pas de la taille :

  • Défauts plans — fissures (100), manque de fusion (401) et, aux niveaux B et C, manque de pénétration (402). À arêtes vives, ils concentrent les contraintes et progressent sous charge variable. L’ISO 5817 ne donne aucune taille admissible pour les fissures et le manque de fusion.
  • Entailles vives au raccordement — caniveau, angle de raccordement incorrect (505), débordement (506). Elles se trouvent là où la contrainte de flexion est maximale ; en fatigue, ce sont donc elles qui amorcent les fissures.
  • Défauts volumiques — soufflures et inclusions. Une forme arrondie ne concentre que peu les contraintes, les limites sont donc plus larges ; elles n’en signalent pas moins un procédé qui n’est plus maîtrisé.
  • Défauts dimensionnels — surépaisseur, excès de pénétration. Moins gênants sous charge statique, mais ils changent l’angle de raccordement et, avec lui, la résistance à la fatigue.

Les exigences complètes des trois niveaux, avec la façon d’en choisir un pour un produit, sont sur la page des niveaux de qualité ISO 5817.

Questions fréquentes

Quels défauts ne sont jamais acceptables ?

Les fissures et le manque de fusion, à tous les niveaux de qualité de l’ISO 5817. Tout le reste a une limite qui dépend du niveau et de l’épaisseur ou de la largeur de la soudure — ces deux-là non. C’est pourquoi il vaut mieux savoir les reconnaître avant l’inspecteur.

Une soudure moche est-elle une soudure défectueuse ?

Pas forcément. L’acceptation se mesure par rapport au niveau de qualité indiqué sur le plan, pas à l’aspect. Un cordon ondulé et irrégulier mais dans les limites est accepté ; un beau cordon avec une fissure dessous ne l’est pas.

Quels défauts de soudure se voient à l’œil, et lesquels seulement par contrôle ?

L’œil et une jauge de soudure repèrent presque tout le groupe 500 (caniveau, surépaisseur, désalignement, retassure à la racine), le groupe 600 et tout ce qui débouche en surface : 2017 soufflures débouchantes, 104 fissures de cratère. Les soufflures et inclusions à l’intérieur de la soudure apparaissent à la radiographie, tandis que le manque de fusion, le manque de pénétration dans les assemblages fermés et les fissures sous la surface se détectent le plus sûrement aux ultrasons.

Par où commencer quand une soudure présente plusieurs défauts à la fois ?

Par les défauts plans : les fissures et le manque de fusion ne sont admis à aucun niveau et partagent souvent leur cause avec le reste — courant trop faible derrière un manque de fusion, saleté derrière les porosités. Ensuite les défauts de forme au raccordement, parce que ce sont des entailles. Les soufflures et la surépaisseur en dernier. Dans chaque groupe, supprimez d’abord la cause, puis réparez la soudure.

Auteur : , soudeur et métallier Mis à jour :

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